Dr H. Hospitaliste

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Antipsychotiques

PsychiatrieFiche révisée · oct. 2026

💊 Doses / traitement

En bref : Sauf la clozapine (schizophrénie réfractaire), tous les antipsychotiques ont une efficacité comparable sur les symptômes positifs. Le choix se fait selon le profil d'effets indésirables : extrapyramidaux (1re génération, rispéridone), métaboliques (olanzapine, clozapine), sédation et hypotension (quétiapine). Chez la personne âgée avec trouble neurocognitif (TNC), ils augmentent la mortalité et les AVC : courte durée, plus faible dose, réévaluation à 1 et 3 mois, déprescription.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d'alarme

  • Syndrome neuroleptique malin : hyperthermie, rigidité, altération de l'état de conscience, instabilité autonomique, CK ↑.
  • Clozapine : fièvre, neutropénie, myocardite, constipation sévère (iléus), convulsions.
  • Allongement du QT, torsades (halopéridol IV, ziprasidone, hypoK/hypoMg).
  • TNC : mortalité et AVC ↑ ; Parkinson ou corps de Lewy : sensibilité extrême. ✅ À faire maintenant

  • SV, température, rigidité, état de conscience ; distinguer akathisie, dystonie et agitation psychotique.

  • CK si SNM suspecté ; FSC sous clozapine ; ECG si facteurs de risque de QT.
  • Chercher une cause aux SCPD ou au delirium : douleur, rétention, constipation, médicaments.
  • Base métabolique (CAMESA) : poids, IMC, tour de taille, TA, glycémie ou HbA1c, lipides. 💊 Premières ordonnances

  • Dystonie aiguë : benztropine 1–2 mg IM/IV ou diphenhydramine 25–50 mg IM/IV.

  • Akathisie : réduire la dose ; propranolol 10–20 mg PO BID-TID.
  • Delirium avec détresse ou danger : halopéridol 0,25–0,5 mg PO/SC/IV ; quétiapine faible dose si Parkinson ou Lewy.
  • SNM : arrêt immédiat, refroidissement, hydratation, benzodiazépine.
  • Personne âgée : rispéridone 0,25 mg die-BID au départ ; durée 1–3 mois, puis réévaluer. 📞 Appeler / référer si

  • Soins intensifs : SNM sévère (bromocriptine ou dantrolène).

  • Psychiatrie : clozapine, combinaison, psychose réfractaire.
  • Au congé : inscrire la date d'arrêt prévue de l'antipsychotique du delirium.

🔗 Ressources et raisonnement

Classes et profils

Molécule Dose usuelle adulte (mg/j) Dose de départ âgé EPS Métabolique / poids Sédation HypoTA Particularités
Halopéridol (1re gén.) 2–20 0,25–0,5 mg ++++ + + + QT (IV) ; éviter Parkinson/Lewy
Loxapine (1re gén.) 20–100 (max 250) 2,5–5 mg +++ ++ ++ ++ Anticholinergique
Rispéridone 2–6 0,25 mg die-BID ++ (dose-dépendant) ++ + ++ Hyperprolactinémie ; seule indication officielle en démence (Alzheimer sévère, court terme)
Palipéridone 3–12 — ++ ++ + ++ Métabolite de la rispéridone ; ajuster au rein
Olanzapine 5–20 2,5 mg + ++++ +++ + Anticholinergique ; gain de poids, diabète
Quétiapine 300–800 (psychose) 12,5–25 mg + ++ +++ +++ Choix si Parkinson ou corps de Lewy
Aripiprazole (agoniste partiel D2) 10–30 2 mg + (akathisie) + + + Peu métabolique ; impulsivité
Lurasidone 40–160 (avec repas ≥ 350 kcal) — ++ + ++ + Interactions CYP3A4
Ziprasidone 40–160 (avec repas) — + + + + QT
Brexpiprazole 2–4 — + + + + Akathisie moindre que l'aripiprazole
Clozapine 300–900 — ± ++++ ++++ +++ Neutropénie (FSC obligatoire), myocardite, convulsions, constipation sévère, hypersalivation
  • Injectables à longue action : halopéridol décanoate, flupenthixol, fluphénazine, zuclopenthixol, palipéridone palmitate (mensuel, aux 3 mois), rispéridone microsphères, aripiprazole mensuel. On les utilise si l'adhésion est incertaine ; on vérifie d'abord la tolérance à la forme orale.

Effets indésirables et traitement

Effet Présentation Délai Traitement
Dystonie aiguë Spasmes, torticolis, crise oculogyre 24–48 h après la 1re dose Benztropine 1–2 mg IM/IV ou diphenhydramine 25–50 mg IM/IV
Akathisie Agitation motrice, incapacité à rester en place Heures à jours Réduire la dose ou changer ; propranolol 10–20 mg PO BID-TID, mirtazapine 15 mg HS, benzodiazépine
Parkinsonisme Bradykinésie, rigidité, tremblement < 30 jours Réduire ou changer d'agent ; antiparkinsonien en dernier recours
Dyskinésie tardive Mouvements choréo-athétosiques bucco-linguaux ≥ 3 mois Passer à un agent de 2e génération ; inhibiteur du VMAT2 (tétrabénazine ; valbénazine ou deutétrabénazine selon disponibilité)
Dystonie tardive Contractions soutenues Mois à années Toxine botulinique, tétrabénazine
Syndrome neuroleptique malin Hyperthermie, rigidité, altération de l'état de conscience, instabilité autonomique, CK ↑ Tout moment (souvent début ou ↑ de dose) Arrêt immédiat, soins de soutien, refroidissement, hydratation ; benzodiazépine ; bromocriptine ou dantrolène si sévère ; soins intensifs
Hypotension orthostatique Chutes Titration Titration lente ; chlorpromazine, clozapine, quétiapine, rispéridone
Allongement du QT Torsades de pointes — ECG de base si FR (IV, cardiopathie, hypoK/hypoMg, autres médicaments allongeant le QT)
Syndrome métabolique Poids, diabète, dyslipidémie Semaines à mois Surveillance ; changer pour aripiprazole, lurasidone ou ziprasidone ; metformine

⚠️ Le SNM est rare mais mortel. Facteurs de risque : déshydratation, agitation, voie parentérale, titration rapide, atteinte cérébrale organique. Penser aussi au syndrome sérotoninergique (clonus, hyperréflexie) et au sevrage de L-dopa dans le diagnostic différentiel.

Surveillance métabolique (CAMESA)

Paramètre Base Suivi
Poids, IMC, tour de taille Oui Mensuel × 3 mois, puis aux 3 mois
TA, glycémie à jeun ou HbA1c, bilan lipidique Oui À 3 mois, puis annuellement
ECG Si facteurs de risque de QT Après titration si à risque
Prolactine Si symptômes (galactorrhée, aménorrhée, dysfonction sexuelle) Selon les symptômes
FSC (clozapine) Obligatoire Hebdomadaire × 6 mois, puis aux 2 sem, puis aux 4 sem (registre)

Traitement de la psychose (principes)

  • 1re ligne : antipsychotique de 2e génération (sauf clozapine). Débuter à faible dose et titrer en 1–2 semaines jusqu'à la dose thérapeutique.
  • Essai adéquat : 4–8 semaines à dose thérapeutique ; changer si réponse nulle ou faible.
  • Après un 1er épisode, le risque de rechute est de 70–90 % à 5 ans : traitement de maintien, souvent à long terme.
  • Clozapine après échec de 2 antipsychotiques à dose et durée adéquates.
  • Combinaison d'antipsychotiques : exceptionnelle (cas réfractaires), sous supervision psychiatrique ; attention au QT.

Changement d'antipsychotique

  • Vérifier d'abord : diagnostic, adhésion, durée d'essai suffisante, dose thérapeutique.
  • Méthode habituellement préférée : chevauchement croisé sur 2–4 semaines (baisser le premier pendant qu'on titre le second).
  • Arrêt brusque seulement si effet indésirable grave (p. ex. neutropénie sous clozapine).

Arrêt et sevrage

  • Réduire d'au plus 20 % aux 2–4 semaines, sur 6–12 mois (1er épisode) ou 6–24 mois (≥ 2 épisodes).
  • Sevrage (quelques jours) : agitation, insomnie, nausées, diarrhée, sueurs, hypersalivation (clozapine), dyskinésies de retrait.
  • La rechute psychotique survient surtout 2–3 semaines après l'arrêt.

Antipsychotiques chez la personne âgée et en démence (SCPD)

⚠️ En TNC, les antipsychotiques augmentent la mortalité toutes causes et les AVC (environ ×1,6). On les réserve aux symptômes psychotiques ou à l'agressivité qui mettent en danger la personne ou autrui, après échec des approches non pharmacologiques.

  • Inefficaces pour l'errance, les cris répétitifs, l'insomnie, le refus des soins d'hygiène.
  • À éviter en maladie de Parkinson et TNC à corps de Lewy (sensibilité extrême, rigidité, chutes). Si nécessaire : quétiapine faible dose ; clozapine sous supervision.
  • Un seul antipsychotique, la plus faible dose efficace, titration lente ; ne jamais dépasser la dose maximale gériatrique.
  • PRN : seulement pour un danger immédiat, jamais en prévention ; préciser l'indication, la dose maximale par 24 h et l'intervalle ; ne pas renouveler un PRN inutilisé depuis 1 mois.
  • Durée de l'ordonnance : 1 à 3 mois au maximum, puis réévaluation.

Non

Oui

Aucune réponse

Réponse

Oui

Non

SCPD chez un patient avec TNC

Chercher une cause :
douleur, delirium, constipation,
rétention, médicaments, environnement

Approches non pharmacologiques
individualisées

Psychose ou agressivité
dangereuse persistante ?

Pas d'antipsychotique
poursuivre les interventions

Antipsychotique atypique
faible dose, titration lente
Éviter si Parkinson ou Lewy

Réévaluer à 1 mois
à dose optimisée

Déprescrire
viser l'arrêt

Stabilité ≥ 3 mois

Déprescrire : -25 % aux 1 à 2 sem
plus lent si SCPD sévères

Rechute claire
psychose ou agressivité ?

Reprendre à la plus faible
dose efficace ; retenter
après 3 mois de stabilité

Arrêt maintenu
documenter au dossier

  • Déprescription (INESSS) : impliquer le résident, la famille et toute l'équipe (y compris les PAB) ; ne pas remplacer l'antipsychotique par une benzodiazépine ; surveiller les symptômes de sevrage et la rechute avec un outil standardisé au besoin.

Doses gériatriques usuelles (adjuvant en dépression ou SCPD)

Molécule Plage Remarques
Rispéridone 0,25–2 mg/j EPS, hypotension orthostatique
Olanzapine 1,25–10 mg/j Sédation, anticholinergique
Aripiprazole 1–10 mg/j Peut être activant ; akathisie, impulsivité
Quétiapine 6,25–300 mg/j Sédatif, anxiolytique ; peu antipsychotique à faible dose ; HTO

Delirium à l'hôpital

  • Les antipsychotiques ne préviennent pas et ne raccourcissent pas le delirium. On les réserve à la détresse importante ou au danger.
  • Option : halopéridol 0,25–0,5 mg PO/SC/IV, répété au besoin selon le protocole local ; quétiapine faible dose si Parkinson ou Lewy. Arrêter dès la résolution et ne pas les poursuivre au congé sans indication.

Pièges et perles

  • Un antipsychotique amorcé à l'hôpital pour un delirium est souvent poursuivi à tort en CHSLD : inscrire la date d'arrêt prévue dans le résumé de congé.
  • L'akathisie est souvent prise pour de l'agitation psychotique : augmenter la dose l'aggrave.
  • Hypersalivation, constipation sévère (iléus) et fièvre sous clozapine : urgences possibles (myocardite, iléus paralytique).
  • Le tabac est un inducteur du CYP1A2 : l'arrêt du tabac à l'hôpital peut faire monter les taux de clozapine et d'olanzapine.

Références