En bref : Ce sont les messages clés de gériatrie pour la pratique hospitalière et en CHSLD, en lien avec le congrès FMOQ « Gériatrie » (Québec, 24–25 avril 2025). Les 15 présentations en PDF n'ont pas pu être extraites de la note : cette fiche résume les recommandations actuelles sur les thèmes habituels du congrès. Ces thèmes sont le délirium, la déprescription, les chutes, les SCPD, la fragilité et le déconditionnement à l'hôpital. Il faut consulter les PDF originaux pour le contenu propre à chaque conférencier.
🩺 Au chevet
🚩 Signaux d'alarme
- Délirium, surtout hypoactif (fréquent, pire pronostic).
- Nouvelle chute ou confusion : revue de la médication.
- Agitation : rétention urinaire, fécalome, douleur non reconnue.
-
Benzodiazépine + opioïde ; fardeau anticholinergique. ✅ À faire maintenant
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CFS (état 2 semaines avant) et NIM dans les 24 premières heures.
- AINÉES : autonomie, peau, nutrition, élimination, cognition, sommeil.
- Délirium : CAM ou 4AT à chaque quart ; chercher médicaments, infection, rétention (bladder scan), fécalome, hypoxémie, sevrage, douleur.
- Chute : orthostatisme, arythmie, médicaments, vision, TUG, cognition.
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Beers 2023 et STOPP/START pour la déprescription. 💊 Premières ordonnances
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Prévention HELP : réorientation, lunettes, appareils auditifs, sommeil, mobilisation, hydratation ; retirer les sondes.
- Antipsychotique seulement si détresse ou danger : halopéridol 0,25–0,5 mg PO/SC ou quétiapine 12,5–25 mg, courte durée ; pas de BZD hors sevrage.
- SCPD : non pharmacologique d'abord, acétaminophène régulier à l'essai ; rispéridone 0,25–0,5 mg die si psychose ou agressivité dangereuse, réévaluer à 4–12 sem.
- Lewy ou Parkinson : éviter halopéridol et rispéridone.
-
Lever et marcher ≥ 3 fois/j ; éviter contentions et ridelles complètes. 📞 Appeler / référer si
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Infirmière de liaison, SAD, URFI ou réadaptation : planifier le congé dès l'admission.
🔗 Ressources et raisonnement
📞 Consulter Quand consulter — Gériatrie · Urgente : consultation intrahospitalière · semi-urgente : intrahospitalière ou externe · élective : en externe
Évaluation gériatrique à l'admission
- Échelle de fragilité clinique (CFS 1–9) : on la cote selon l'état 2 semaines avant la maladie aiguë. Elle oriente le pronostic, les objectifs de soins et le niveau d'intervention médicale (NIM), à documenter tôt.
- AINÉES (approche adaptée à la personne âgée, MSSS) :
- Autonomie et mobilité ;
- Intégrité de la peau ;
- Nutrition et hydratation ;
- Élimination ;
- État cognitif et comportement ;
- Sommeil.
- Les syndromes gériatriques à surveiller comprennent, entre autres : délirium, chute, déconditionnement, incontinence, dénutrition, lésion de pression, polypharmacie, douleur non reconnue et dysphagie.
Délirium
- Dépistage à chaque quart chez les plus de 65 ans : CAM, ou 4AT (rapide, utilisable par tous).
- Prévention non pharmacologique (modèle HELP), qui réduit l'incidence d'environ 30–40 % :
- Réorientation, lunettes et appareils auditifs.
- Sommeil (éviter les signes vitaux la nuit).
- Mobilisation précoce, hydratation.
- Traitement de la douleur et de la constipation, retrait des sondes.
- Causes à chercher : médicaments (anticholinergiques, benzodiazépines, opioïdes), infection, rétention urinaire, fécalome, hypoxémie, troubles métaboliques, sevrage, douleur.
- Les antipsychotiques ne préviennent pas le délirium et ne le traitent pas. Ils se limitent à une détresse ou un danger important, à faible dose (halopéridol 0,25–0,5 mg PO/SC ou quétiapine 12,5–25 mg) et pour une courte durée. Pas de benzodiazépine, sauf en cas de sevrage alcoolique ou de benzodiazépines.
Déprescription
| Outil | Messages clés |
|---|---|
| Critères de Beers (AGS 2023) | Ne pas débuter d'AAS en prévention primaire ; AOD préférés à la warfarine, apixaban préféré au rivaroxaban en FA et en TEV ; éviter les sulfonylurées ; éviter les antipsychotiques dans la démence ou le délirium ; prudence avec les iSGLT2 ; benzodiazépines + opioïdes : risque majeur |
| STOPP/START v3 (2023) | Repérer les prescriptions inappropriées et les omissions (statine, IECA, vitamine D, laxatif sous opioïde, etc.) |
| Deprescribing.org (Canada) | Algorithmes : IPP, benzodiazépines et hypnotiques, antipsychotiques, antihyperglycémiants, cholinestérasiques |
⚠️ Mis à jour (AGS Beers, 2023) : le rivaroxaban à long terme passe à « éviter » en FA et en TEV (plus de saignements digestifs). Les sulfonylurées sont à éviter comme classe entière.
- Fixer des cibles moins strictes chez la personne fragile :
- HbA1c 7,1–8,5 % et éviter l'hypoglycémie (Diabète Canada).
- TA cible individualisée ; on cesse les antihypertenseurs en cas d'orthostatisme.
- Le fardeau anticholinergique (oxybutynine, hydroxyzine, amitriptyline, diphenhydramine) cause délirium, chutes et rétention : on le remplace.
Chutes (World Falls Guidelines 2022)
- Après une chute, on cherche la cause :
- Orthostatisme, arythmie, syncope.
- Médicaments augmentant le risque de chute : psychotropes, hypotenseurs, hypoglycémiants.
- Vision, pieds, troubles de la marche et de l'équilibre (TUG > 12–15 s), cognition, incontinence, peur de tomber.
- Intervention multifactorielle chez les personnes à haut risque : exercices d'équilibre et de renforcement, révision de la médication, environnement, vitamine D si carence, évaluation de l'ostéoporose après une fracture de fragilité.
- À l'hôpital : éviter les contentions et les ridelles complètes, qui augmentent la gravité des blessures. Lit bas, toilettes régulières, chaussures adéquates.
SCPD et démence avancée (CHSLD)
- Approche non pharmacologique d'abord : rechercher un besoin non comblé (douleur, faim, fécalome, rétention, peur, ennui, bruit). Utiliser le soulagement de la douleur à l'essai (acétaminophène régulier) et des outils comme PACSLAC ou PAINAD.
- Antipsychotique seulement en cas de psychose ou d'agressivité dangereuse :
- Rispéridone 0,25–0,5 mg die (à titrer) ou quétiapine si parkinsonisme ou démence à corps de Lewy.
- Réévaluer à 4–12 semaines et viser la déprescription (MSSS / OPUS-AP).
- Démence à corps de Lewy ou maladie de Parkinson : éviter l'halopéridol et la rispéridone (sensibilité extrême aux neuroleptiques).
- Soins de fin de vie en démence avancée :
- Alimentation de confort ; pas de gavage par sonde (aucun bénéfice).
- Discuter du NIM et des transferts vers l'hôpital.
Déconditionnement associé à l'hospitalisation
- Environ 30 % des aînés hospitalisés perdent de l'autonomie. Chaque journée au lit entraîne une perte musculaire importante.
- Lever et marcher au moins 3 fois par jour dès que possible, s'asseoir au fauteuil pour les repas.
- Éviter les sondes et les solutés « de routine » ; prescrire la mobilité et rendre ses lunettes et ses appareils auditifs au patient.
- Planifier le congé dès l'admission : rôle de l'infirmière de liaison, du SAD, de l'URFI ou d'un séjour de réadaptation selon le potentiel.
Pièges et perles
- Un délirium hypoactif passe souvent inaperçu ; il est pourtant le plus fréquent et a le pire pronostic.
- Toute nouvelle chute ou confusion chez un aîné justifie une revue de la médication.
- La rétention urinaire et le fécalome sont des causes classiques et réversibles d'agitation : il faut un bladder scan.
- On note le CFS et les objectifs de soins dans les 24 premières heures.
Références
- FMOQ Gériatrie 2025 — Centre des congrès de Québec (24–25 avril 2025)
- Summary of the 2023 AGS updated Beers Criteria (UIC Drug Information Group, 2023)
- World Guidelines for Falls Prevention and Management for Older Adults (BGS / World Falls Task Force, 2022)
- Notes personnelles de Dr H. (Apple Notes) : « Congrès Gériatrie » (15 présentations en PDF, avril 2025, non extraites).