En bref : La survie dépend d'une RCR de haute qualité et d'une défibrillation précoce. L'épinéphrine 1 mg q3–5 min se donne dès que possible dans les rythmes non choquables et après l'échec des premiers chocs dans les rythmes choquables. Il faut chercher les H et T pendant tout l'arrêt. Après le RCS : TAM ≥ 65, SpO2 90–98 %, normocapnie, contrôle de la température ≥ 36 h si le patient n'obéit pas, et pronostic multimodal ≥ 72 h après la normothermie.
🩺 Au chevet
🚩 Signaux d'alarme
- FR < 6 ou > 30, FC < 40 ou > 140, TAS < 90, baisse de l'état de conscience : appeler l'équipe d'intervention rapide.
- ETCO2 < 10 mm Hg : RCR inefficace. Hausse brusque et soutenue : RCS probable.
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Bradycardie avec BAV Mobitz II ou 3e degré ; tachycardie instable. ✅ À faire maintenant
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Vérifier le niveau de soins (NIM).
- RCR 100–120/min, 5–6 cm, interruptions < 10 s, 30:2 ; changer de compresseur q2 min.
- Moniteur-défibrillateur, accès IV (IO si échec), capnographie.
- Chercher les H et T ; échographie ciblée sans interrompre les compressions.
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Après RCS : ECG 12 dérivations, SpO2 90–98 %, PaCO2 35–45, TAM ≥ 65. 💊 Premières ordonnances
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FV/TV sans pouls : choc biphasique 120–200 J, puis RCR 2 min.
- Épinéphrine 1 mg IV/IO q3–5 min (dès que possible si non choquable).
- Amiodarone 300 mg IV, puis 150 mg ; ou lidocaïne 1–1,5 mg/kg IV.
- Bradycardie : atropine 1 mg IV q3–5 min (max 3 mg), puis entraînement, dopamine 5–20 µg/kg/min ou épinéphrine 2–10 µg/min.
- TSV stable : adénosine 6 mg IV push, puis 12 mg.
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Post-RCS : norépinéphrine 0,1–0,5 µg/kg/min si TAM < 65. 📞 Appeler / référer si
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Code bleu d'emblée ; soins intensifs pour tout RCS.
- Cardiologie : coronarographie urgente si sus-ST, choc cardiogénique ou arythmies récidivantes.
- Mobitz II ou BAV 3e degré : entraînement électrosystolique.
🔗 Ressources et raisonnement
🧠 Raisonnement Curbsiders #531 — Mises à jour ACLS 2025
Prévenir l'arrêt à l'étage
Plus de la moitié des arrêts intrahospitaliers découlent d'une insuffisance respiratoire ou d'un choc hypovolémique. Ils sont précédés de signes annonciateurs : tachypnée, tachycardie, hypotension. On active l'équipe d'intervention rapide si l'un de ces critères est présent :
| Paramètre | Seuil d'appel |
|---|---|
| Fréquence respiratoire | < 6 ou > 30/min, ou détresse respiratoire |
| Fréquence cardiaque | < 40 ou > 140/min |
| TA systolique | < 90 mm Hg, ou hypertension symptomatique |
| Neurologique | Baisse inattendue de l'état de conscience, agitation inexpliquée, convulsion |
| Rénal | Baisse importante de la diurèse |
| Autre | Inquiétude de l'infirmière, du médecin ou de la famille |
💡 Vérifier et documenter le niveau de soins (NIM) dès l'admission. C'est ce qui évite un code non souhaité.
RCR de haute qualité
- Compressions à 100–120/min et 5–6 cm de profondeur, avec un relâchement complet.
- Interruptions < 10 s. On change de compresseur q2 min.
- Ratio 30:2 sans voie aérienne avancée. Avec une voie aérienne avancée : 1 ventilation q6 s (10/min) et des compressions continues.
- Capnographie : un ETCO2 < 10 mm Hg signale une RCR inefficace (viser ≥ 20). Une hausse brusque et soutenue (souvent ≥ 40) évoque un RCS.
- On ne retarde pas les compressions ni les chocs pour intuber. Le masque-ballon ou un supraglottique sont acceptables.
- Voie IV en 1re intention, IO si échec ou délai.
Algorithme de l'arrêt cardiaque
Doses pendant l'arrêt
| Intervention | Dose et modalités |
|---|---|
| Défibrillation | Biphasique : 120–200 J selon le fabricant, maximum si inconnu ; chocs suivants égaux ou plus élevés. Monophasique : 360 J. Un seul choc, puis RCR immédiate |
| Épinéphrine | 1 mg IV/IO q3–5 min, soit un cycle sur deux. Pas de dose élevée |
| Amiodarone (FV/TV réfractaire) | 300 mg IV bolus, puis 150 mg |
| Lidocaïne (alternative) | 1–1,5 mg/kg IV, puis 0,5–0,75 mg/kg (max 3 mg/kg) |
| Sulfate de magnésium | 1–2 g IV : torsades de pointes seulement |
| Calcium, bicarbonate | Pas de routine. Seulement si hyperkaliémie, intoxication (bicarbonate pour les tricycliques) ou acidose sévère connue |
⚠️ Mis à jour (AHA, 2025) : la vasopressine n'ajoute rien à l'épinéphrine et les corticostéroïdes ont un bénéfice incertain. La défibrillation séquentielle double et le changement de vecteur restent d'utilité non établie après ≥ 3 chocs (classe 2b). On ne fait pas de stimulation (pacing) pendant un arrêt établi.
Causes réversibles (H et T)
| H | T |
|---|---|
| Hypovolémie | Pneumothorax sous tension (tension) |
| Hypoxie | Tamponnade cardiaque |
| Ion hydrogène (acidose) | Toxiques |
| Hypo- ou hyperkaliémie | Thrombose pulmonaire (EP) |
| Hypothermie | Thrombose coronarienne (SCA) |
💡 Dans l'AESP, un QRS étroit et rapide oriente vers une cause mécanique ou non cardiaque (hypovolémie, tamponnade, pneumothorax, EP). Un QRS large et lent oriente vers une cause métabolique ou cardiaque (hyperkaliémie, toxique, ischémie). L'échographie ciblée peut aider si elle n'interrompt pas les compressions.
Reconnaître les rythmes clés
| Rythme | Critères ECG | Conduite |
|---|---|---|
| FV | Ondulations chaotiques, aucun QRS identifiable | Défibriller |
| TV monomorphe | QRS ≥ 0,12 s identiques, 120–250/min, dissociation AV, battements de fusion | Sans pouls : défibriller. Instable : cardioversion synchronisée |
| TV polymorphe / torsades | QRS variables ; torsades = fuseaux autour de la ligne de base, QT long | Choc non synchronisé ; magnésium et correction du K si QT long |
| AESP | Activité électrique organisée sans pouls | Épinéphrine, H et T |
| Asystolie | Ligne plate (vérifier les dérivations et le gain) | Épinéphrine, H et T |
| BAV 1er degré | PR > 0,20 s fixe | Bénin ; revoir les bloqueurs du nœud AV |
| BAV 2e degré Mobitz I | Allongement progressif du PR, puis onde P bloquée | Souvent bénin (nodal) |
| BAV 2e degré Mobitz II | PR fixe, P bloquées, QRS souvent large | Infranodal : préparer l'entraînement électrosystolique |
| BAV 3e degré | P et QRS dissociés ; échappement 20–40/min | Entraînement électrosystolique ; l'atropine est souvent inefficace |
Bradycardie et tachycardie avec pouls
Bradycardie symptomatique ou instable
- Atropine 1 mg IV q3–5 min, max 3 mg. Pas chez le greffé cardiaque : passer directement à l'entraînement ou aux catécholamines.
- Si l'atropine est inefficace :
- entraînement électrosystolique transcutané ;
- ou dopamine 5–20 µg/kg/min ;
- ou épinéphrine 2–10 µg/min.
- Entraînement transveineux si la bradycardie persiste. Rechercher la cause : ischémie inférieure, hyperkaliémie, bêtabloquant, BCC, digoxine.
Tachycardie avec pouls
| Situation | Traitement |
|---|---|
| Instable (hypotension, altération de l'état de conscience, choc, douleur ischémique, IC aiguë) | Cardioversion synchronisée (sédation si possible) |
| QRS étroit régulier (TSV) stable | Manœuvres vagales, puis adénosine 6 mg IV push rapide avec rinçage, puis 12 mg |
| QRS large régulier monomorphe stable | Adénosine possible ; amiodarone 150 mg IV en 10 min ou procaïnamide (≤ 50 mg/min, max 17 mg/kg) ; avis en cardiologie |
| QRS large irrégulier ou polymorphe | Pas d'adénosine. Instable : choc non synchronisé |
| FA / flutter instables | Cardioversion synchronisée ≥ 200 J d'emblée |
⚠️ Mis à jour (AHA, 2025) : pour la FA, on donne un premier choc synchronisé d'au moins 200 J. Les anciennes doses de 120–200 J sont abandonnées. Les BCC (vérapamil, diltiazem) sont nuisibles dans une tachycardie à QRS large.
Soins post-arrêt (RCS)
| Cible | Valeur |
|---|---|
| Oxygénation | FiO2 100 % jusqu'à une mesure fiable, puis SpO2 90–98 % (PaO2 60–105). Éviter l'hypoxémie |
| Ventilation | PaCO2 35–45 mm Hg. Débuter à environ 10/min |
| Hémodynamie | TAM ≥ 65 mm Hg. Bolus NS ou LR 1–2 L. Norépinéphrine 0,1–0,5 µg/kg/min (environ 7–35 µg/min chez 70 kg) ; épinéphrine en alternative |
| Température | Stratégie protocolisée 32–37,5 °C pendant ≥ 36 h si le patient n'obéit pas aux commandes ; réchauffer ≤ 0,5 °C/h. Pas de soluté froid préhospitalier |
| Glycémie | Éviter l'hypoglycémie (< 3,9) et l'hyperglycémie (> 10 mmol/L) |
| Convulsions | EEG rapide si le patient n'obéit pas. Traiter les crises cliniques et non convulsives. Pas de prophylaxie |
- Coronarographie urgente en cas de sus-ST, même chez le patient comateux. On l'envisage aussi en cas de choc cardiogénique, d'arythmies ventriculaires récidivantes ou d'ischémie active. Sans ces éléments, la stratégie différée n'est pas inférieure. Coronarographie avant le congé si l'origine cardiaque est probable.
- Pronostic :
- Multimodal : examen neurologique, TDM ou IRM, EEG, PESS, NSE.
- Effectué ≥ 72 h après la normothermie et l'arrêt des sédatifs.
- Jamais sur un seul critère : les myoclonies seules ne suffisent pas.
⚠️ Mis à jour (AHA, 2025) : la cible de SpO2 passe de « ≥ 94 % » (2015) et « 92–98 % » (2020) à 90–98 %. La cible de TAS > 90 est retirée au profit de la TAM ≥ 65. La plage de température s'élargit à 32–37,5 °C pendant au moins 36 h. L'ancienne cible fixe de 32–36 °C pendant 24 h est abandonnée.
Évolution des recommandations
| Élément | 2015 | 2020 | 2025 |
|---|---|---|---|
| Atropine (bradycardie) | 0,5 mg | 1 mg (max 3 mg) | Inchangé |
| Dopamine (bradycardie) | 2–20 µg/kg/min | 5–20 µg/kg/min | Inchangé |
| Ventilation en arrêt respiratoire | 1 q5–6 s | 1 q6 s | Inchangé |
| Accès vasculaire | IV = IO | IV préféré | IV 1re intention, IO si échec |
| Antiarythmique | Amiodarone | Amiodarone ou lidocaïne | Inchangé (classe 2b) |
| Épinéphrine dans les rythmes choquables | q3–5 min | Idem | Après l'échec des premiers chocs |
| Chaîne de survie | 5 maillons | 6 maillons (ajout du rétablissement) | Inchangé |
Pièges et perles
- Grossesse :
- Déplacement manuel de l'utérus vers la gauche ; accès IV au-dessus du diaphragme.
- Césarienne de réanimation si aucun RCS après environ 4–5 min.
- Hyperkaliémie :
- Gluconate de calcium 10 % 30 mL ou chlorure de calcium 10 % 10 mL IV.
- Insuline-glucose, bicarbonate et salbutamol.
- EP massive présumée : on peut envisager une thrombolyse pendant la RCR, puis poursuivre la RCR 60–90 min.
- Intoxication aux opioïdes : naloxone si le patient a un pouls et respire mal. En arrêt, la RCR prime.
- Arrêt de la réanimation :
- Décision multimodale.
- Chez le patient intubé, un ETCO2 ≤ 10 mm Hg après 20 min de soins avancés est un élément défavorable.
- On n'utilise jamais un seuil d'ETCO2 chez le patient non intubé.
- Transplanté cardiaque : l'atropine est inefficace (cœur dénervé). Utiliser l'entraînement ou l'épinéphrine.
- Après un choc, on reprend la RCR immédiatement sans vérifier le pouls. La vérification du rythme se fait dans 2 min.
Références
- Part 9 : Adult Advanced Life Support (AHA, 2025)
- Part 11 : Post-Cardiac Arrest Care (AHA, 2025)
- 2025 Adult Cardiac Arrest Algorithm Changes (ACLS-Algorithms, 2025)
- Résumé des lignes directrices AHA 2025 (EM Ottawa Blog, 2025)
- Notes personnelles de Dr H. (Apple Notes) : algorithmes ACLS AHA 2015, soins post-RCS 2015, tableau comparatif 2015-2020, fiches de rythmes du manuel SARC 2020, critères d'intervention rapide.