En bref : La grande majorité des épistaxis sont antérieures (tache vasculaire de Kiesselbach). Elles cèdent à une compression ferme et soutenue du tiers inférieur du nez pendant au moins 5 min (viser 10 min) sans relâcher, tête penchée vers l'avant, avec un vasoconstricteur. Viennent ensuite la cautérisation de la source visible, puis le tamponnement, résorbable sous antithrombotique. On n'arrête pas un anticoagulant pour une épistaxis qui ne menace pas la vie. Une épistaxis postérieure ou persistante relève de l'hospitalisation et de l'ORL.
🩺 Au chevet
🚩 Signaux d'alarme
- Saignement qui coule surtout dans la gorge malgré la compression : source postérieure.
- Épistaxis massive après chirurgie ou trauma : pseudoanévrisme carotidien.
- Instabilité hémodynamique : ABC, réanimer.
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Récidive unilatérale chez l'adolescent masculin : fibrome nasopharyngien. ✅ À faire maintenant
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ABC, SV ; tête penchée vers l'avant, se moucher.
- Compression ferme des ailes du nez 10 min sans relâcher.
- Rhinoscopie antérieure (lampe frontale, spéculum, succion de Frazier).
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INR sous warfarine ; FSC si abondant ou récidivant ; coagulation si trouble de l'hémostase soupçonné. 💊 Premières ordonnances
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Oxymétazoline 2 vaporisations avant la compression.
- Coton imbibé de lidocaïne-épinéphrine (préparation de la pharmacie locale), ou d'acide tranexamique 500 mg/5 mL (solution IV) jusqu'à l'arrêt du saignement.
- Source visible : nitrate d'argent, un seul côté du septum.
- Sinon : tamponnement antérieur (résorbable sous antithrombotique) ; expliquer le type de tampon et le plan de retrait.
- Ne pas arrêter ni renverser l'anticoagulant d'emblée si le saignement ne menace pas la vie ; warfarine : suspendre si RNI suprathérapeutique ; AOD : envisager de retarder la dose suivante.
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Congé : gel salin ou vaseline BID, humidificateur. 📞 Appeler / référer si
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ORL et hospitalisation sous monitoring : tamponnement postérieur (Foley), échec du tamponnement (ligature ou embolisation).
- ORL ou endoscopie : récidive unilatérale, télangiectasies (Rendu-Osler).
- Saignement grave sous anticoagulant : voir la fiche de réversion.
🔗 Ressources et raisonnement
📞 Consulter Quand consulter — ORL · Urgente : consultation intrahospitalière · semi-urgente : intrahospitalière ou externe · élective : en externe
Causes
| Siège | Causes |
|---|---|
| Antérieure | Sécheresse de la muqueuse (hiver, O2 nasal), grattage, rhinite, infection, corps étranger (enfant), cocaïne, corticostéroïde nasal mal dirigé |
| Antérieure ou postérieure | Anticoagulants ou antiplaquettaires, coagulopathie, télangiectasie hémorragique héréditaire (Rendu-Osler), tumeur, alcool, période postopératoire ou post-traumatique (pseudoanévrisme carotidien : épistaxis massive) |
- L'HTA prolonge le saignement plus qu'elle ne le cause.
Prise en charge
Détails pratiques
- Matériel : lampe frontale, spéculum nasal, succion de Frazier, pince à baïonnette, cotons, nitrate d'argent, tampons (Merocel, Rapid Rhino), Foley 12 Fr.
- Lidocaïne-épinéphrine topique : utiliser la préparation prévue par la pharmacie de l'établissement (vérifier la recette en vigueur) ; cotons laissés en place quelques minutes avant l'examen et la cautérisation.
- Acide tranexamique topique : coton imbibé de 500 mg/5 mL (solution IV), laissé jusqu'à l'arrêt du saignement. Dans deux essais randomisés (Zahed 2013 ; 2018 chez des patients sous antiplaquettaire), il a arrêté le saignement en 10 min plus souvent que le tamponnement antérieur (71–73 % contre 29–31 %), avec moins de récidives à 1 semaine et des congés plus rapides.
- Cautérisation :
- Anesthésier d'abord et ne traiter que le point qui saigne.
- Jamais les deux côtés du septum en même temps, car cela expose à une perforation.
- Elle est inefficace sur un saignement actif abondant.
- Tamponnement : le tampon expansible s'humidifie avec du NS ; le ballonnet se gonfle à l'air selon le fabricant.
- Le délai de retrait dépend du type de tampon (non résorbable : souvent quelques jours) ; préciser au patient qui le retire et quand (AAO-HNS).
- Antibioprophylaxie : selon l'ORL ou le protocole local.
- Tamponnement postérieur : ballonnet antéropostérieur commercial ou sonde de Foley insérée jusqu'au pharynx, gonflée selon les indications, ramenée contre la choane, puis tamponnement antérieur ; idéalement avec l'ORL.
- Hospitalisation sous monitoring : risque d'hypoxémie, de bradycardie vagale et de nécrose de l'aile du nez.
Antithrombotiques et coagulation
- Si le saignement ne menace pas la vie, on applique d'abord les mesures locales, avant toute transfusion, renversement ou arrêt (AAO-HNS 2020).
- Saignement mineur (CoagCHUM) : compression ; warfarine suspendue seulement si RNI suprathérapeutique et risque thrombotique inférieur au risque hémorragique ; AOD ou antiplaquettaire : envisager de retarder la prochaine dose et réévaluer.
- On dose l'INR sous warfarine, et on fait une FSC si le saignement est abondant ou récidivant. Bilan de coagulation si on soupçonne un trouble de l'hémostase.
- Saignement grave sous anticoagulant : voir la fiche Saignement sous anticoagulant et réversion.
Congé et prévention
- Gel salin ou vaseline intranasale BID, humidificateur, ne pas se moucher fort ni faire d'effort pendant 1 semaine.
- Consigne à domicile : pencher la tête vers l'avant, comprimer 10 min sans relâcher et consulter si le saignement persiste au-delà de 20 min.
- Expliquer le type de tampon, la date du retrait et les signes d'alerte (fièvre, saignement par la bouche).
- Référer en ORL ou faire une endoscopie pour :
- Une épistaxis récidivante unilatérale (exclure une tumeur, surtout chez l'adolescent masculin : fibrome nasopharyngien).
- Un échec du tamponnement.
- Des télangiectasies (Rendu-Osler).
Pièges et perles
- Un saignement qui coule surtout dans la gorge malgré la compression évoque une source postérieure.
- Épistaxis bilatérales récidivantes avec des antécédents familiaux : chercher des télangiectasies sur les lèvres, la langue et les doigts.
- Un patient âgé sous O2 par lunettes : humidifier l'O2.
- Le sang avalé peut causer des vomissements « de sang » : il ne faut pas les confondre avec une hémorragie digestive haute.
Références
- Tunkel DE, Anne S, Payne SC, et al. Clinical Practice Guideline: Nosebleed (Epistaxis). Otolaryngol Head Neck Surg. 2020;162(1 Suppl):S1-S38 — résumé AAO-HNS Bulletin, 2020 : https://bulletin.entnet.org/article/clinical-practice-guideline-nosebleed-epistaxis
- CoagCHUM (CHUM). Protocole de gestion des saignements aigus chez les patients traités avec des médicaments antithrombotiques, mis à jour le 6 juin 2019 (document listé à l'intranet du CISSSMC, urgence HCLM) — https://www.chumontreal.qc.ca/sites/default/files/2023-05/Gestion%20des%20saignements%20aigus%20-%20coagCHUM.pdf
- Zahed R, et al. A new and rapid method for epistaxis treatment using injectable form of tranexamic acid topically: a randomized controlled trial. Am J Emerg Med. 2013;31(9):1389-1392 — résumé : https://www.wikijournalclub.org/wiki/TXA_for_Epistaxis
- Zahed R, Mousavi Jazayeri MH, Naderi A, Naderpour Z, Saeedi M. Topical Tranexamic Acid Compared With Anterior Nasal Packing for Treatment of Epistaxis in Patients Taking Antiplatelet Drugs: Randomized Controlled Trial. Acad Emerg Med. 2018. doi:10.1111/acem.13345 — https://www.bumc.bu.edu/emergencymedicine/files/2018/03/Zahed-Topical-TXA-vs-Packing-for-Epistaxis-2017.pdf