En bref : Chez le diabétique traité par insuline ou sécrétagogue, l'hypoglycémie se définit par une glycémie < 4,0 mmol/L. Patient conscient : 15 g de glucides PO, glycémie de contrôle à 15 min, puis une collation. Patient inconscient : D50 % 25 g IV (ou D10 % 250 mL), ou glucagon 1 mg IM/SC sans accès IV. Il ne faut pas intuber avant d'avoir donné le glucose. Sous sulfonylurée, l'hypoglycémie récidive : octréotide et surveillance prolongée. Toujours chercher la cause.
🩺 Au chevet
🚩 Signaux d'alarme
- Altération de conscience, convulsion, déficit focal pseudo-AVC : glycémie avant le code AVC et avant d'intuber.
- Sulfonylurée ou insuline à longue action : récidive attendue.
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Hypoglycémie inattendue chez un patient septique, cirrhotique ou dénutri : marqueur de gravité. ✅ À faire maintenant
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Glycémie capillaire ; conscient et capable d'avaler ?
- Inconscient : moniteur, SpO₂, accès IV ou IO.
- Cause : insuline, NPO, arrêt du gavage ou TPN, fonction rénale, sepsis, alcool.
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Non diabétique : prélever pendant l'hypoglycémie (glucose, insuline, peptide C, pro-insuline, BHB, sulfonylurées, cortisol). 💊 Premières ordonnances
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Conscient : 15 g de glucides PO (20 g si sévère) ; glycémie à 15 min, répéter si < 4,0 ; puis collation.
- Inconscient : D50 % 50 mL (25 g) IV ou D10 % 250 mL ; sans IV, glucagon 1 mg IM/SC.
- Thiamine 100 mg IV si alcoolisme ou malnutrition (sans retarder le glucose).
- Récidive : D10 % 50–100 mL/h ; sulfonylurée : octréotide 50–100 µg SC q6–12 h, glycémie q1h, observation ≥ 24 h.
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Ajuster l'insuline (p. ex. basale −20–25 %) ; éviter l'échelle seule ; cesser le glyburide chez l'âgé ou en IRC. 📞 Appeler / référer si
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Patron : hypoglycémie sévère, récidivante ou sous sulfonylurée.
- Endocrinologie : hypoglycémies non ressenties ou récidivantes.
- Congé : revoir tout le traitement, glucagon, consignes de conduite (SAAQ).
🔗 Ressources et raisonnement
📞 Consulter Quand consulter — Endocrinologie · Urgente : consultation intrahospitalière · semi-urgente : intrahospitalière ou externe · élective : en externe
Définition et gravité (Diabète Canada)
| Niveau | Critères |
|---|---|
| Légère | Symptômes autonomes (tremblements, palpitations, sueurs, faim) ; le patient se traite seul |
| Modérée | Symptômes autonomes + neuroglycopéniques (confusion, faiblesse, troubles visuels ou de la parole) ; le patient se traite seul |
| Sévère | Aide d'autrui nécessaire ; perte de conscience possible ; glycémie souvent < 2,8 mmol/L |
- Triade de Whipple (patient non diabétique) : symptômes, glycémie basse (< 3,0 mmol/L environ) et correction des symptômes par le glucose.
- Chez la personne âgée, la présentation est souvent atypique : délirium, chute, déficit focal pseudo-AVC, convulsion. Les β-bloquants masquent les signes adrénergiques.
Causes à rechercher
| Catégorie | Exemples |
|---|---|
| Médicaments | Insuline (erreur de dose ou d'horaire, repas manqué), sulfonylurées (glyburide surtout, gliclazide), méglitinides ; quinolones, pentamidine, quinine, β-bloquants, salicylés |
| Apport | Jeûne, NPO, arrêt de l'alimentation entérale ou de la TPN sans ajuster l'insuline, vomissements |
| Clairance réduite | Insuffisance rénale (insuline et sulfonylurées s'accumulent), insuffisance hépatique |
| Maladie grave | Sepsis, choc, insuffisance surrénalienne, hypopituitarisme, malnutrition, alcool (inhibe la néoglucogenèse) |
| Autres | Insulinome, auto-anticorps, post-bariatrique (dumping tardif), tumeurs non-îlots (IGF-2), insuline exogène factice |
- Patient non diabétique : prélever pendant l'hypoglycémie, avant de la corriger. Doser glucose, insuline, peptide C, pro-insuline, β-hydroxybutyrate, et faire un dépistage des sulfonylurées. Doser aussi le cortisol.
Prise en charge
Patient conscient
- 15 g de glucides rapides : 4 comprimés de glucose de 4 g, 175 mL de jus ou de boisson gazeuse ordinaire, ou 3 c. à thé de sucre dans l'eau. Donner 20 g si l'hypoglycémie est sévère.
- Glycémie de contrôle à 15 min. Répéter si < 4,0.
- Ensuite, le repas prévu, ou une collation de 15 g de glucides + protéine si le repas est dans plus de 1 h.
- Sous acarbose : donner du glucose (dextrose) ou du lait, pas du sucrose.
Patient inconscient ou incapable d'avaler
- Moniteur cardiaque, SpO2, accès IV ou IO, glycémie capillaire.
- D50 % 50 mL (25 g) IV (Diabète Canada : 10–25 g en 1–3 min), ou D10 % 250 mL (25 g). On préfère le D10 % quand la veine est fragile : moins d'extravasation et moins de rebond.
- Glucagon 1 mg IM ou SC si pas d'accès IV. Il est moins efficace si l'hypoglycémie est due à l'alcool, au jeûne prolongé ou à une hépatopathie avancée (réserves de glycogène épuisées). Le glucagon nasal 3 mg est une option pour l'entourage.
- Thiamine 100 mg IV avant ou avec le glucose si alcoolisme ou malnutrition. Ne jamais retarder le glucose pour la donner.
- Perfusion de D10 % (50–100 mL/h) si l'hypoglycémie récidive ou si l'agent en cause a une longue action.
Hypoglycémie due aux sulfonylurées
- Octréotide 50–100 µg SC (ou IV) q6–12 h : il inhibe la sécrétion d'insuline. On le donne après le bolus de glucose, sans retarder la correction.
- Les bolus répétés de dextrose stimulent l'insuline et entretiennent le cycle d'hypoglycémie.
- Observation ≥ 24 h (jusqu'à 72 h en IRC). Glycémie q1 h jusqu'à stabilité, puis q2–4 h.
Prévention à l'hôpital
- Ajuster l'insuline quand le patient est NPO, quand l'alimentation entérale s'arrête et quand la fonction rénale se détériore. Exemple : réduire la basale de 20–25 %.
- Éviter l'échelle d'insuline seule (« sliding scale »). Privilégier un schéma basal-bolus-correction.
- Personne âgée ou IRC : cesser le glyburide. Privilégier des agents à faible risque (iDPP-4, iSGLT2, AR GLP-1) et des cibles d'HbA1c moins strictes (7,1–8,5 % chez la personne fragile).
- Ordonnance collective ou protocole d'hypoglycémie disponible dans chaque unité.
Algorithme
Suivi et congé
- Après une hypoglycémie sévère, revoir tout le traitement : dose, agent, cibles d'HbA1c.
- Enseigner les symptômes et la règle des 15 g au patient et à ses proches. Leur montrer à utiliser le glucagon.
- Conduite automobile : après une hypoglycémie sévère, le patient ne doit pas conduire pendant une période déterminée. Mesurer la glycémie avant de conduire. Se référer aux normes de la SAAQ et de l'AMC.
- Hypoglycémies non ressenties ou récidivantes : alléger les cibles pendant quelques semaines, envisager une surveillance continue du glucose (CGM) et référer en endocrinologie.
Pièges et perles
- Une hypoglycémie peut donner un déficit focal : toujours vérifier la glycémie avant d'activer le code AVC.
- Ne pas intuber avant le glucose : l'hypoglycémie est une cause d'altération de conscience qui se renverse rapidement.
- Insuffisance rénale : la demi-vie de l'insuline et des sulfonylurées s'allonge. Une hypoglycémie inexpliquée chez un diabétique peut révéler une IRA.
- Une hypoglycémie inattendue chez un patient septique, cirrhotique ou dénutri est un marqueur de gravité.
Références
- Hypoglycemia in Adults with Diabetes — chapitre 14 (Diabète Canada, 2018)
- Notes personnelles de Dr H. (Apple Notes) : « Hypoglycémie — approach to the critical patient ».