En bref : Tester seulement une diarrhée bien installée (≥ 3 selles non formées/24 h) sans autre cause, sans laxatif. Au 1er épisode : vancomycine 125 mg PO QID × 10 j ou fidaxomicine 200 mg PO BID × 10 j ; le métronidazole n'est plus un traitement de 1re intention. Forme compliquée (iléus, choc, mégacôlon) : vancomycine 500 mg PO/TNG QID + métronidazole 500 mg IV q8 h, chirurgie et infectiologie. Toujours cesser ou réduire l'antibiotique en cause, l'IPP et les laxatifs.
🩺 Au chevet
🚩 Signaux d'alarme
- Hypotension ou choc, lactate élevé, iléus, mégacôlon toxique (côlon > 6 cm), perforation, péritonite.
- Sévère : GB ≥ 15 × 10⁹/L, créatinine > 1,5 × la base, T > 38,5 °C.
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L'iléus peut masquer la diarrhée ; leucocytose inexpliquée sous antibiotiques. ✅ À faire maintenant
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Tester seulement si ≥ 3 selles non formées/24 h, sans laxatif ni autre cause.
- Isolement contact renforcé ; lavage des mains à l'eau et au savon.
- Sévère ou compliquée : FSC, créatinine, lactate, albumine, TDM abdominale ; pas de coloscopie si fulminante.
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Pas de test de guérison. 💊 Premières ordonnances
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Cesser l'antibiotique en cause, l'IPP et les laxatifs ; pas d'antipéristaltiques.
- 1er épisode : vancomycine 125 mg PO QID × 10 j ou fidaxomicine 200 mg PO BID × 10 j.
- Compliquée : vancomycine 500 mg PO ou TNG QID + métronidazole 500 mg IV q8 h ; iléus : vancomycine rectale 500 mg dans 100 mL NS q6 h (avis spécialisé).
- 1re récidive : fidaxomicine 200 mg PO BID × 10 j.
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Hydratation, K, Mg. 📞 Appeler / référer si
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Chirurgie générale, infectiologie ± USI d'emblée si compliquée ; choc réfractaire, lactate > 5 mmol/L, détérioration malgré 24–48 h.
- ≥ 2e récidive : infectiologie ou gastro (vancomycine dégressive-pulsée, TMF).
🔗 Ressources et raisonnement
📘 Protocoles Guide d'antibiothérapie CHLM (Carnet) · fiche guides locaux · INESSS — Infection à Clostridioides difficile
Définitions
| Catégorie | Critères (INESSS 2025 ; CHLM) |
|---|---|
| Légère à modérée | Diarrhée sans toxicité systémique, GB < 15 × 10⁹/L, créatinine stable |
| Sévère | ≥ 1 : GB ≥ 15 × 10⁹/L, créatinine > 1,5 × la base (CHLM : ou > 130 µmol/L), T > 38,5 °C, difficulté à maintenir l'hydratation, colite sévère |
| Compliquée / fulminante | ≥ 1 : hypotension ou choc, lactate élevé, iléus, mégacôlon toxique, perforation, péritonite |
| Récidive | Symptômes nécessitant un traitement < 12 semaines (8 semaines selon certaines sources) après la guérison d'un épisode traité adéquatement |
Facteurs de risque
- Antibiotiques (surtout dans les 3 derniers mois). Selon le guide du CHLM :
| Risque élevé | Risque moyen | Risque faible |
|---|---|---|
| Clindamycine, fluoroquinolones, céphalosporines 2e–4e génération, carbapénèmes | Amoxicilline ± clavulanate, ampicilline, céphalosporines 1re génération, macrolides, pénicilline, pipéracilline-tazobactam | Aminosides, doxycycline, TMP-SMX, nitrofurantoïne, fosfomycine, linézolide, métronidazole, vancomycine, daptomycine, rifampicine |
- Âge ≥ 65 ans, fragilité, hospitalisation ou CHSLD, IPP, chirurgie digestive, immunosuppression, MII, antécédent d'ICD.
Diagnostic
- Ne tester que si diarrhée bien installée, compatible, sans autre cause évidente (laxatifs, gavage, effet secondaire). Cesser les laxatifs depuis ≥ 48 h si possible.
- Algorithme en 2 étapes : GDH ou TAAN (PCR), puis toxines ; ou GDH + toxines, puis TAAN si discordance.
- GDH/TAAN positif + toxines négatives : colonisation possible ; décider selon la clinique.
- Le TAAN seul ne distingue pas colonisation et infection.
- Pas de test de guérison ni de dépistage à la fin du traitement : la bactérie persiste souvent dans les selles.
- Pas de test chez le patient asymptomatique ni sur selles formées.
- Forme sévère ou compliquée : FSC, créatinine, lactate, albumine ; TDM abdominale (épaississement colique, mégacôlon, perforation). Éviter la coloscopie en cas de colite fulminante.
- Traitement empirique acceptable si forme sévère ou compliquée suspectée ou délai important pour le résultat.
Prise en charge
Mesures générales
- Isolement (précautions de contact renforcées) et lavage des mains à l'eau et au savon : le gel alcoolisé ne détruit pas les spores. Nettoyage au chlore.
- Cesser l'antibiotique en cause dès que possible ; sinon passer à un agent à moindre risque.
- Cesser les IPP si l'indication est faible ; cesser les laxatifs ; revoir les opioïdes.
- Éviter les antipéristaltiques (lopéramide, diphénoxylate) en phase aiguë, sévère ou compliquée.
- Hydratation et correction des électrolytes (K, Mg).
Doses
| Situation | 1er choix | Alternative | Remarques |
|---|---|---|---|
| 1er épisode (léger à sévère) | Vancomycine 125 mg PO QID × 10 j | Fidaxomicine 200 mg PO BID × 10 j | Fidaxomicine : moins de récidives ; préférer si risque de récidive élevé |
| Métronidazole | Seulement si vancomycine et fidaxomicine inaccessibles, forme légère : 500 mg PO TID × 10 j | Ne pas répéter (neurotoxicité) ; non recommandé pour les récidives | |
| Compliquée / fulminante | Vancomycine 500 mg PO ou TNG QID + métronidazole 500 mg IV q8 h | Fidaxomicine + métronidazole IV | Iléus : ajouter vancomycine par voie rectale 500 mg dans 100 mL NS q6 h en lavement de rétention (avis spécialisé). Revenir à 125 mg QID et cesser le métronidazole quand l'iléus est résolu |
| 1re récidive | Fidaxomicine 200 mg PO BID × 10 j | Vancomycine 125 mg PO QID × 10 j (si le 1er épisode a été traité au métronidazole) ; ou vancomycine dégressive | Fidaxomicine prolongée (CHLM) : 200 mg BID × 5 j, puis 200 mg q2 j × 20 j |
| ≥ 2e récidive | Vancomycine dégressive-pulsée (ci-dessous) | Fidaxomicine 200 mg BID × 10 j ou schéma prolongé | Avis infectiologie ou gastro ; TMF après ≥ 2 récidives (≥ 3e épisode) |
- Vancomycine dégressive-pulsée (INESSS) : 125 mg PO QID × 7 j, puis BID × 7 j, puis DIE × 7 j, puis q2 j × 7 j, puis q3 j × 14 j (≈ 6 semaines).
- Aucun ajustement rénal : la vancomycine PO et la fidaxomicine ne sont presque pas absorbées.
- Fidaxomicine : médicament d'exception RAMQ (code AI582) : ≥ 1 facteur de risque de récidive (≥ 65 ans, immunosuppression grave), 1re récidive ou allergie à la vancomycine.
- ⚠️ Mis à jour (INESSS 2025, IDSA 2021) : le métronidazole n'est plus un traitement de 1re intention, même pour une forme légère ; la fidaxomicine est privilégiée pour la 1re récidive.
- ⚠️ Mis à jour (2025) : le bézlotoxumab (anticorps antitoxine B) recommandé par l'IDSA 2021 en prévention des récidives n'est plus commercialisé.
- Probiotiques : non recommandés pour traiter ou prévenir l'ICD (INESSS 2025).
Forme compliquée : signes chirurgicaux
- Choc réfractaire, lactate > 5 mmol/L, mégacôlon toxique (côlon > 6 cm), perforation, péritonite, détérioration malgré 24–48 h de traitement maximal.
- Options : colectomie subtotale ou iléostomie de dérivation avec lavage colique ; la mortalité augmente si la chirurgie est retardée.
Antibiothérapie concomitante obligatoire
- Si un épisode d'ICD survient pendant une antibiothérapie nécessaire : traiter 10 jours ; ne pas prolonger au-delà si la réponse clinique est adéquate (INESSS 2025). Le CHLM propose, selon les facteurs de risque, de poursuivre la vancomycine 125 mg PO die pendant l'antibiothérapie et jusqu'à 5 jours après.
Prophylaxie secondaire
- Pas de prophylaxie primaire chez un patient sans antécédent d'ICD.
- Nouvel antibiotique systémique dans les 3 à 6 mois suivant un épisode : selon le CHLM, vancomycine 125 mg PO die pendant l'antibiothérapie et jusqu'à 5 jours après si haut risque de récidive :
- ≥ 65 ans ou immunosupprimé avec ICD récente (90 j) ;
- ICD sévère ou fulminante récente (90 j) ;
- ICD récidivante.
- L'INESSS recommande de consulter un spécialiste dans ce contexte, surtout si récidives multiples.
Algorithme de traitement
Suivi et congé
- Amélioration attendue en 48–72 h ; la diarrhée peut persister jusqu'à 2 semaines. Pas de contrôle de selles.
- Enseigner les signes de récidive (retour de la diarrhée dans les 8–12 semaines) et le lavage des mains au savon à domicile.
- Inscrire l'antécédent d'ICD au dossier : il oriente le choix des antibiotiques futurs et la prophylaxie.
- Réévaluer l'indication de l'IPP au congé.
Pièges et perles
- Un patient sous laxatifs ou gavage avec selles molles : ne pas tester d'emblée.
- Leucocytose inexpliquée chez un patient hospitalisé sous antibiotiques, même sans diarrhée importante : penser ICD (iléus possible).
- L'iléus peut masquer la diarrhée dans les formes fulminantes : ne pas se fier au nombre de selles.
- Ne pas traiter une colonisation (TAAN positif, toxines négatives, pas de diarrhée significative).
- La vancomycine IV n'atteint pas le côlon : elle est inutile pour l'ICD.
Références
- Guide d'usage optimal : traitement de la diarrhée ou de la colite associée à C. difficile (INESSS, 2025)
- Guide d'antibiothérapie de l'Hôpital Charles-LeMoyne, section « Utilisation des antibiotiques et Clostridioides difficile » (CISSS de la Montérégie-Centre, 2023).
- Clinical Practice Guideline: 2021 Focused Update on Management of Clostridioides difficile Infection in Adults (IDSA/SHEA, 2021)